Chapitre 6 – Reprendre le fil (2020–2021)
Étape du deuil : ACCEPTATION ACTIVE
Tu n’as pas oublié.
Tu n’as pas “tourné la page”.
Tu décides d’écrire la suite malgré les blessures encore ouvertes.
Petit à petit, j’ai recommencé à bouger.
Pas seulement à survivre.
À choisir.
Choisir de me lever pour autre chose que mes obligations.
Choisir de dire oui à des rencontres.
Choisir de m’investir dans des projets qui avaient du sens.
Choisir de me remettre en mouvement.
Je n’étais pas “guéri”.
Et pour être honnête, à ce moment-là, je pensais que je ne guérirais jamais vraiment de ça.
Mais j’avais fait la paix avec l’idée que la reconstruction serait longue, et que ce ne serait
plus jamais comme avant.
Et quelque part, c’était une forme de liberté.
J’ai repris contact avec moi-même.
Pas l’homme que j’étais en couple.
Pas le père.
Pas le chef d’entreprise.
Mais l’homme vivant, avec ses doutes, ses envies, ses failles, et ses nouveaux élans.
J’ai recommencé à rêver.
Pas grand.
Pas loin.
Juste différemment.
Mais il restait une douleur plus sourde, plus difficile à nommer.
Celle de me sentir amputé de vingt ans de ma propre histoire.
Quand je faisais de nouvelles rencontres, que ce soit amicales ou amoureuses,
je ne savais pas comment parler de ma vie d’avant.
Comment parler de 20 ans d’amour, de famille, de maison, de rires, de voyages, de blessures
aussi,
sans que cela paraisse déplacé ?
Comment être sincère sans imposer le fantôme de mon ex ?
Comment me raconter sans elle alors qu’elle avait été là si longtemps ?
Je ne voulais pas revenir en arrière.
Mais je ne pouvais pas me raconter comme si rien n’avait existé avant.
Et ça, c’était très dur.
J’avais l’impression qu’il fallait repartir vierge.
Comme si j’avais 20 ans, que je n’avais jamais vécu de relation sérieuse.
Et c’était faux.
C’était absurde.
Alors je me sentais coupé en deux :
Une partie visible, l’homme libre, disponible, présent.
Et une partie cachée, intime, profonde… que je n’osais plus raconter.
Ce que je voulais, ce n’était pas ramener le passé dans mes relations.
C’était simplement ne pas devoir le nier pour exister aujourd’hui.
J’ai retrouvé des repères ailleurs :
dans mes engagements associatifs,
dans mon entourage,
dans quelques discussions profondes où je partageais ce que je vivais, sans prétention, juste
avec l’envie que d’autres ne se sentent pas seuls.
Et j’ai compris un truc simple :
parler vrai, c’est déjà se reconstruire.
Je n’avais pas besoin d’aller bien.
J’avais besoin d’être authentique.
Et cette vérité-là, elle a commencé à poser les fondations du nouveau chapitre de ma vie.
Clés de lecture :
• Accepter, ce n’est pas oublier. C’est vivre avec. Et avancer avec.
• Se reconstruire, ce n’est pas revenir à ce qu’on était. C’est devenir quelqu’un d’encore plus
enraciné.
• Ce n’est pas la fin de la tristesse qui signe le redémarrage. C’est le début de la décision.
À toi qui sens que quelque chose veut renaître en toi…
Ce n’est pas grave si tu ne sais pas encore quoi faire.
Ce qui compte, c’est de sentir que tu n’es plus qu’une cicatrice.
Tu es une terre prête à refleurir.
