Chapitre 5 – Revenir à soi (début 2020)
Étape du deuil : début d’ACCEPTATION (incomplète, instable)
Ce n’est pas encore un nouveau départ.
Mais c’est la première fois que tu relèves la tête sans attendre que quelqu’un te tende la
main.
Je n’étais pas encore reconstruit.
Je n’étais pas encore libre.
Mais je n’étais plus totalement effondré.
Quelque chose en moi avait changé.
Pas une révélation. Pas une prise de conscience.
Juste un ralentissement de la douleur.
Après avoir frôlé l’abandon total, j’étais revenu dans mon corps.
Je recommençais à respirer. Pas profondément, pas en confiance, mais mécaniquement.
Je mangeais. Je parlais. Je bossais.
Je dormais parfois.
Je voyais ma fille.
Je répondais aux messages.
Et c’était déjà énorme.
J’étais encore triste.
J’étais encore en colère.
Mais j’avais cessé de vouloir mourir.
Ce n’est pas l’espoir qui m’a fait remonter.
C’est juste le vide qui se remplissait d’un silence nouveau.
Je ne courais plus après les réponses.
Je ne cherchais plus à me justifier.
Je ne négociais plus rien.
J’avais compris qu’il n’y aurait pas de retour.
Qu’elle ne reviendrait pas.
Et que même si elle le faisait… ce ne serait plus moi.
Alors j’ai commencé à regarder ailleurs.
Pas quelqu’un d’autre.
Moi.
Qui je suis quand je ne suis plus son compagnon.
Quand je ne suis plus ce “nous” que j’ai porté jusqu’à l’épuisement.
Et c’est là que j’ai commencé — timidement — à me réapproprier ma vie.
Un geste à la fois.
Un appel à la fois.
Un petit projet, une idée, un moment d’écoute, un café avec quelqu’un qui me parlait d’autre
chose que de ma douleur.
J’étais encore bancal.
Mais j’étais vivant.
Clés de lecture :
• L’acceptation n’est pas joyeuse. Elle est souvent sobre, grise, tranquille. C’est un calme
sans illusion.
• On ne revient pas de ce genre d’épreuve comme avant. On devient autre.
• Ce n’est pas la vie qui te tend la main. C’est toi qui décides de ne plus la lâcher.
À toi qui commences à te relever sans trop savoir pourquoi…
Tu n’as pas besoin de comprendre.
Tu n’as pas besoin d’y croire.
Tu as juste besoin d’avancer un pas de plus.
Et ce pas-là, c’est déjà un refus de sombrer.
