Chapitre 2 – Le choc et les silences (janvier – mars 2019)
Étape du deuil : NÉGOCIATION
On sent que c’est fini, mais on cherche encore une porte de sortie.
On se dit si je change, peut-être qu’elle restera,
si je comprends, peut-être que ça s’arrangera.
On fait des compromis sans qu’on nous les demande. On donne. On tente.
Après le choc initial, vient ce moment où tout se calme… en apparence. Mais à l’intérieur, ça
tourbillonne. Parce qu’on espère encore.
Je n’avais pas accepté la réalité. Je voulais la comprendre. Et surtout : je voulais inverser la
tendance. J’étais convaincu qu’il était encore temps de sauver quelque chose.
Alors j’ai tenté.
J’ai posé des questions. Doucement. Puis frontalement. J’ai essayé d’avoir des réponses, sans
l’agresser. De la comprendre, sans l’enfermer.
Et parfois, j’allais plus loin. Je créais de l’inconfort. Je lançais des petits pièges, des allusions.
Je cherchais à la pousser dans ses retranchements.
C’était une forme de négociation déguisée. Un marchandage affectif :
« Donne-moi juste une partie de la vérité, et je resterai calme. »
« Montre-moi que tu hésites, et je ne partirai pas. »
J’espérais.
Je guettais chaque mot, chaque regard, chaque contradiction.
Je relisais nos échanges comme on lit un roman policier. Je voulais des indices.
Mais elle ne disait rien. Ou alors trop peu.
Et moi, je remplissais les vides avec mes peurs, mes fantasmes, mes souvenirs.
Un jour, elle m’envoyait un « bisous » comme si de rien n’était.
Le lendemain, elle m’ignorait.
Et moi, je continuais d’espérer que ça voulait dire quelque chose. Qu’elle ne savait pas elle-
même. Qu’elle doutait encore.
Et si elle doutait… alors il y avait encore une chance.
La vérité, c’est que j’essayais de négocier avec ce qui était déjà perdu.
Mais quand on aime, on devient prêt à tout… même à s’illusionner.
Clés de lecture :
• La négociation est une étape de survie. On tente, on s’accroche, on propose. C’est humain.Mais c’est souvent vain.
• Ce n’est pas parce que l’autre répond qu’il est encore là. Parfois il ne reste que desautomatismes de politesse.
• Négocier avec la réalité ne l’empêche pas d’exister. Il faut du courage pour arrêter dediscuter avec le vide.
À toi qui es peut-être en train de négocier toi aussi…
Ne t’oublie pas dans tes efforts.
Car l’amour vrai n’a pas besoin de ruse ou de stratégie. Il se pose. Il répond. Il reste.
